L'AVENIR SORT DU PASSE
Texte tiré de mon imagination, d’histoires entendues ici et là…
Quelque chose d’inimaginable était en train de se passer. Ils peaufinaient leur plan machiavélique. C’étaient les européens de la colonisation, de la déportation…
Les conquérants partirent à la recherche de profit en « Afrique mère ». Sur les côtes du continent, ils découvrirent des trésors ! Ils y trouvèrent aussi de fabuleux outils, car l’Afrique et son peuple n’avaient à leurs yeux pas plus d’intérêts que ça. Ils y volèrent des enfants, capturèrent les parents, et les entassèrent dans un négrier, direction l’inconnu.
Modou faisait parti du voyage. Il resta allongé sur un homme, entassé, pendant 3 mois durant, au fond du navire. Il embarqua pour ne jamais revoir son Afrique. A la place, il découvrit le Nouveau Monde, qui n’avait pourtant rien de neuf, en débarquant à Montevideo en Uruguay. La moitié de ses frères étaient morts pendant le voyage mais lui et sa famille restèrent sains et saufs.
On les vendit sur le port dès leur arrivée. Le bateau repartit, lui resta prisonnier espagnol.
L’exploitation n’était pas immense, en comparaison à celle d’Amérique du Nord, mais pour eux c’étaient toujours de trop. Les habitations étaient trop petites. Tout ce qui ne le tua pas l’endurcit. La pauvre nourriture qu’ils avalaient machinalement, ne nourrissait pas leurs corps et encore moins leurs âmes. Un vie de bête, que leur avait réservée ces assassins. L’avenir, ça ne voulait plus rien dire pour eux.
Pour les enfants, ils n’avaient pas été séparés grâce à un savant stratagème, il en était de même. Ils étaient bien plus utiles aux travaux domestiques qu’à l’école. Une rare choses qu’on tentait, tout de même de leur apprendre, c’était la sainte religion de l’homme blanc. Vous savez celle qui prône paix et amour entre les hommes…civilisés bien sûr ! Plus la peine ni le droit de se réunir pour se remémorer les souvenirs d’un temps révolu, les racines. C’était interdit !
Les espagnols avaient tellement peur des rebellions qu’ils mataient les nègres avant même que la révolte n’éclate.
Pourtant Modou, rappelait tous les soirs, à ses enfants leurs origines, leurs traditions et leurs croyances, pour qu’ils le portent en eux comme une force, et qu’ils restent fières. Il racontait souvent, l’histoire de Soundiata Keïta le dernier grand empereur mandingue, comment le « griot » louangeait qui voulait bien le payer. Comment leurs doigts longs et fins faisaient vibrer
Ces enfants, pensait-il, se souviendraient ainsi toujours de ce qu’ils sont.
Les jours où les maîtres fêtaient « vendredi saint », ou cannibalisaient le corps et le sang de leur seigneur, les esclaves en profitaient le soir venu, pour célébrer leurs rites à eux, invoquant d’autres idéaux, dans la clandestinité. Les percussions et les tambours sonnaient en sourdine, et les danses se faisaient discrètes. Leur religion, et leur vision du Monde pouvaient ainsi vivre, aux dépends des interdictions. Ils exaltaient, rentraient en transe pour rejoindre par la pensée tous les cœurs des frères encore libre dans la forêt de Casamance ou ailleurs.